En Français ci-dessous ----- Teranga Gold Corporation (TGC) holds a mining license for the Sabodala gold deposit and many other multinationals hold exploration permits in the Keédougou area. Yet the locals do not benefit from this activity at all. Sabodala and surrounding villages traditionally made a living from agro-pastoral activities and artisanal gold panning was practiced during the dry season already common during pre-colonial. The villages of Sabodala and Falombo were the first to lose their gold panning deposits when the multinationals settled. The industrial exploitation of the precious metal has considerably reduced the cultivable surfaces while polluting the rivers and the environment, because of the uncontrolled dumping of heavy metals and toxic products. The first artisanal gold mining site captured by TGC was the Gora one in 2015. When the company seizes sites previously exploited by the miners, these are not compensated and no alternative site is proposed to them. Artisanal miners gather in economic interest groups and try to continue their activity. In the region of Kédougou, they are estimated to be between 15,000 and 50,000. The most violent conflicts erupt when TGC summons the artisanal miners to leave their sites. This was the case in February 2016 when the people of Sabodala and Khossanto protested against the closure of their mining sites. Sabodala and the surrounding villages (Mamakono, Falombo) remain enclaved after more than eight years of industrial exploitation as the road between Kédougou and Sabodala has never been paved. Infrastructure in general has not been improved. Several municipalities benefit from the electric power only a few hours a day. That is the case of Saraya. Irregularities in the administrative procedures have been denounced. According to the Mining Code, the Environmental Impact Assessment (EIA) should have been conducted before the concession was granted. However, the EIA was validated in 2007, two years after the granting of the exploitation concession in 2005. The funds fed by TGC for the Social Mining Program have been delayed for a long time while the technical council in charge of its implementation has not been endowed with the necessary means to carry out its mission. TGC grants 125 million CFA francs per year to the program’s fund. It has allowed, among other things, the creation of a one-hectare field for market gardening at Mama Khono (source Enda Lead and Rosa Luxemburg Foundation). These few palliative projects do not change the trend towards a drastic reduction of agro-pastoral activity and an exponential increase of youth unemployment. At least 19,000 people have been displaced (source Enda Pronat), including the village Danbankhoto which was completely rebuilt 5 kilometers from its original location in 2011. The biggest source of discontent among the population remains the lack of employment for the youth from the villages in the concession. At least 60% of TGC workers are not from the Kédougou region. On December 23, 2008, students rioted in Kedougou to protest the persistent poverty and lack of job creation for youth in the mine, which was under construction at the time. One person died in the riots, public buildings were burned, and several civilians were injured. Women are the ones the most affected in their daily life. They can no longer cultivate their fields and therefore can no longer properly provide for their families. Food security is constantly jeopardized. The women of several villages (including towns and villages of Khossanto, Mamakono, Faloumbou, Sabodala and Madina etc.) are gathered in women's groups (GPF) to make their claims better heard by local authorities and NGOs, such as Sadev and La Lumière. Sadev, in partnership with Oxfam, provides punctual support to the GPF to strengthen their market gardening and poultry farming activities. ---- En Français ----- Tandis que Teranga Gold Corporation (TGC) détient un permis d’exploitation du gisement d’or de Sabodala et de nombreuses autres multinationales détiennent des permis d’exploration dans la même région de Kédougou, les populations locales ne bénéficient aucunement de cette activité. Sabodala et les villages aux alentours vivaient traditionnellement des activités agro-pastorales et l’orpaillage artisanal était une pratique courante pendant la saison sèche déjà à l’époque précoloniale. Les villages de Sabodala et de Falombo ont été les premiers à perdre leurs gisements d’orpaillage artisanal face à l’arrivée des multinationales. L’exploitation industrielle du métal précieux a considérablement réduit les surfaces cultivables tout en polluant les cours d’eau et l’environnement, provoqué par le déversement incontrôlé de métaux lourds et de produits toxiques. Le premier site d’orpaillage accaparé par TGC a été celui de Gora en 2015. Lorsque l’entreprise se saisit de sites jusque-là exploités par les orpailleurs ces derniers ne sont point compensés et aucun site alternatif ne leur est proposé. Les orpailleurs artisanaux sont rassemblés en groupes d’intérêt économique et essaient malgré tout de continuer leur activité. Dans la région de Kédougou, leur nombre est estimé entre 15.000 et 50.000. Les conflits les plus violents éclatent lorsque TGC somme les mineurs artisanaux de quitter leurs sites d’orpaillage. Ce qui a été le cas en février 2016 lorsque les populations de Sabodala et Khossanto ont manifesté pour protester contre la fermeture de sites d’orpaillage. Sabodala et les villages avoisinants (Mamakono, Falombo) restent enclavés après plus de huit ans d’exploitation industrielle puisque la route entre Kédougou et Sabodala n’a jamais été goudronnée. Les infrastructures de façon générale n’ont pas été améliorées. Plusieurs communes ne bénéficient du courant que quelques heures par jour. Ce qui est le cas de Saraya. Des irrégularités dans les procédures à suivre ont été dénoncées. Selon le code Minier, l’Etude d’Impacts Environnementaux (EIE) aurait dû être menée avant l’octroi de la concession. Cependant, l’EIE a été validée en 2007, soit deux ans après l’octroi de la concession d’exploitation en 2005. Les fonds alimenté par TGC pour le Programme Social Minier se sont fait longtemps attendre alors que le conseil technique chargé de sa mise en œuvre n’a pas été doté des moyens nécessaires pour mener à bien sa mission. Le fonds est alimenté à hauteur de 125 millions de francs CFA par an par TGC. Il a permis entre autres l’installation d’un champ d’un hectare pour la culture maraichère à Mama Khono (source Enda Lead et Fondation Rosa Luxembourg). Ces quelques projets palliatifs ne changent en rien la tendance vers une diminution drastique de l’activité agro-pastorale et une augmentation exponentielle du chômage chez les jeunes. Au moins 19.000 personnes ont été déplacées (source Enda Pronat), dont le village Danbankhoto qui a été entièrement reconstruit à 5 kilomètres de son emplacement d’origine en 2011. La plus grande source de mécontentement de la population reste le manque d’emploi pour les jeunes des villages dans la concession. Au moins 60% des ouvriers de TGC ne sont pas originaires de la région de Kédougou. Le 23 décembre 2008, les étudiants se sont révoltés à Kédougou pour protester contre la pauvreté persistante et le manque de création d’emploi pour les jeunes dans la mine, à l’époque en phase de construction. Une personne est décédée dans les affrontements, des bâtiments publics ont été incendiés, plusieurs civils ont été blessés. C’est le quotidien des femmes qui est le plus affecté par l’industrie minière. Elles ne peuvent plus cultiver leurs champs et donc ne peuvent plus subvenir correctement aux besoins de leurs familles. La sécurité alimentaire est constamment mise en péril. Les femmes de plusieurs villages (notamment des villes et villages de Khossanto, Mamakono, Faloumbou, Sabodala et Madina etc.) sont rassemblées en groupements de promotion féminine (GPF) afin de mieux faire reconnaitre leurs réclamations auprès des autorités locales et des ONG présentes dans la région, telles que Sadev et La Lumière. Sadev, en partenariat avec Oxfam, vient en aide ponctuellement aux GPF afin de renforcer leurs activités de maraichage et d’aviculture. (See less) |